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La victoire de la peur
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FC Nantes / Le Mans (1-0)
- 13ème journée (samedi 29 octobre) |
Keserü tout à sa joie |
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Notre soulagement est à la mesure des craintes suscitées par une fin de match crispante, marquée par les derniers assaut rageurs du Mans. Il est proportionnel à la classe de Mickaël Landreau, auteur d’une parade sensationnelle durant les arrêts de jeu. Il est immense. Oui, nous avons eu peur, très peur même. Oui, le match a été mauvais. Oui, la victoire a été tirée par les cheveux. Mais ce succès est si important, il était devenu tellement indispensable que nous ne nous sentons guère le cœur à faire la fine bouche. En quittant le stade, à un interlocuteur qui lui demandait ses sentiments, Fred Da Rocha répondit sans ambages, en arborant un large sourire : « On a éliminé Lyon mardi, on l’a emporté ce soir, eh bien je considère que c’est une super semaine ! Moi, je suis content. » |
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[FCNantes.com] - Avant Match (Analyse)
Gagner même quand on n’est pas dans
un bon jour
Pour tout dire, nous inclinons assez à partager les sentiments de Da
Rocha, qui n’a assurément pas disputé le meilleur match
de sa carrière face au Mans, mais a su enfiler le bleu de chauffe,
comme à l’ordinaire, notamment durant les derniers instants du
match, alors que les nerfs étaient tendus à l’extrême,
telle la corde d’un arc menaçant de rompre.
Gérard Houllier, qui n’est pas à une ânerie près,
avait, après la victoire injuste arrachée par son équipe
en championnat, lancé dans les couloirs de la Beaujoire, une phrase
en forme de haute pensée philosophique. Il avait doctement déclaré:
« C’est sans doute la force des grandes équipes de gagner
ainsi, même quand elles ne sont pas dans un bon jour ». Les médias
conformistes avaient bondi sur la formule, comme la misère sur le pauvre
monde, sans s’apercevoir qu’elle est aussi creuse qu’une
coquille de noix dévorée vers les vers, et ils l’avaient
répercuté à l’envi, en se prenant presque pour
les messagers du génie.
Eh bien, on en est presque à regretter que les Nantais, à l’heure
des commentaires, n’aient pas fait du Houllier et servi les mêmes
platitudes. Les analystes qui accordent si volontiers leurs opinions à
celles des puissants, c’est tellement confortable, les auraient-il gobées
de la même manière ?
Pas le moment de faire un procès aux joueurs
Nantes avait besoin d’une victoire, il l’a obtenue. Ce fut en
jouant mal c’est vrai, mais d’une part ce ne fut pas injuste et
d’autre part, répétons-le, ce n’est guère
le moment de faire le procès du jeu à une équipe qui
reste l’une de celles qui, en France, en produit le plus.
Le plus grave eut quand même été qu’elle joue à
la fois mal et qu’elle perde. Ajoutons qu’on n’aurait pas
non plus apprécié une défaite, même si elle était
survenue au terme d’un match bien maîtrisé.
On veut croire que Nantes, s’il parvient à se donner de l’air,
reviendra rapidement à ses valeurs ancestrales. En attendant, on saura
se satisfaire des trois points. D’autant, il faut le dire aussi, que
Le Mans, qui occupait la 6è place à l’heure du coup d’envoi,
n’a absolument rien montré de mieux. « Nous avions les
jambes lourdes » a dit Frédéric Hantz en avançant
que ses joueurs avaient bénéficié d’une journée
de repos en moins. Mais les mollets des Canaris n’étaient pas
plus légers et comme pour leur part ils avaient disputé des
prolongations et terminé leur partie contre Lyon peu avant minuit on
peut considérer que, sur le plan de la récupération,
les deux équipes se situaient à égalité.
Keserü obtient et transforme un penalty
Cela précisé, il faut admettre que les Sarthois prirent un meilleur
départ, à tel point qu’à un moment, à la
11è minute on vit, sur un corner, les 11 Nantais repliés dans
une zone comprise à moins de 25 mètres de Landreau. C’était
quand même embêtant et on peut considérer qu’un joueur
au minimum, Keserü par exemple, aurait pu se positionner en contre-attaque.
Sauf que, voyez comme le football est espiègle, c’est justement
Keserü qui écarta le danger. En concédant d’ailleurs
un nouveau corner.
La composition de l’équipe nantaise était exactement la
même que face à Lyon mais cette fois la mécanique éprouvait
beaucoup de mal à se mettre en route. Toulalan ne trouvait pas le bon
tempo, Savinaud peinait et, dans leurs couloirs, Da Rocha à droite,
Capoue à gauche ne parvenaient pas à entrer dans la partie.
Le premier évoluait trop bas, se transformant trop volontiers en défenseur,
le second multipliait les maladresses, à tel point qu’une passe
en mouvement à plus de cinq mètres semblait au-dessus de ses
capacités.
Des sifflets superflus
Après une occasion de Lucau endiguée par Landreau (15è)
et un contre immédiat mal négocié par Savinaud (il ne
vit pas Da Rocha sur sa droite), le match eut l’occasion de se débloquer
à la 19è minute. Keseru qui avait échappé à
Olivier Thomas fut, au moment où il se rabattait vers le centre, crocheté
du bout de la chaussure par Poulard. L’action se déroulant dans
la surface fut passible d’un penalty que le jeune Roumain transforma
sans manière. Tir du gauche et contre pied parfait.
On a dit que ce but fut l’occasion de débloquer la rencontre.
Oui : l’occasion seulement. Car en fait, rien ne se libéra. Les
Manceaux, visiblement contrariés dans des plans consistant à
miser essentiellement sur le contre, ne trouvèrent pas les idées
tactiques qui leur auraient permis de changer leurs batteries. Alors, comme
ils ne sortaient guère de leur camp, les Nantais, forts de leur avantage,
se mirent à faire tourner le ballon à l’arrière.
Une partie du public siffla avant la pause, ce n’était vraiment
pas une très bonne réaction. Il existe mieux, assurément,
pour mettre des joueurs en confiance.
Une seule préoccupation : gagner
La seconde période fut languissante au possible. Le Mans ne se livrait
toujours pas et plus les minutes filaient plus les Nantais se mettaient en
tête de ne surtout pas laisser échapper leur butin. Ils n’avaient,
de toute évidence, qu’une idée en tête : gagner.
A la 69è minute, comme il l’avait fait contre Lyon, Serge Le
Dizet fit même entrer Loïc Guillon à la place de Capoue,
optant ainsi pour une défense à cinq. A part les raids aveugles
de Glombard, il n’y avait pas grand chose à se mettre sous les
yeux et les partisans de Dimitrijevic prétendront sans doute que l’entrée
en jeu de Milos aurait pu se révéler bénéfique,
notamment dans la conservation du ballon. Ce n’est pas forcément
faux, d’autant que Bamogo n’amena rien de positif lorsqu’il
prit le relais de Keserü (75è).
Le sauvetage de Landreau
A 6 minutes de la fin, Le Mans fit entrer son attaquant japonais Dai Matsui,
à la place de Romaric (lequel avait effectué son apparition
à la 46è minute…), indiquant ainsi sa volonté de
jouer son va-tout. De fait, les derniers instants furent délicats pour
les Nantais. Plusieurs ballons, dégagés dans la fièvre,
volèrent devant la cage de Landreau. Soudain, Cetto fut même
lobé et, derrière lui, Lucau parvint à prendre le meilleur
sur Delhommeau. Le shoot partit. Mickaël se détendit sur sa droite
et il repoussa le ballon, qui aurait pu être celui du malheur. Jean-Jacques
Pierre put le mettre en corner. Quinze secondes après, c’était
la fin. La délivrance.
B.V. le 31 octobre 2005.
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